Allons-nous apprendre à vivre ensemble comme des frères ?

14 septembre 2022

Vous connaissez sans doute la citation de Martin Luther King qui inspire cet article « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons tous mourir ensemble comme des imbéciles ». A l’heure où tous les médias relaient chaque jour la terrible situation du conflit en Ukraine, elle me semble plus que jamais d’actualité !

Cette actualité m’amène à me poser beaucoup de questions sur notre capacité, en tant que peuples, à faire vivre cet idéal. Sommes-nous capables, individuellement, d’intégrer cette nécessité du vivre ensemble de façon à la rendre commune ? Ou attendons-nous que nos dirigeants gèrent « ça » à notre place ? Voyons-nous ces événements qui nous sont relayés comme un conflit de plus pour des histoires de pouvoir ou comme une tragédie humaine, indicateur météo supplémentaire d’un réchauffement, peut-être pas uniquement climatique ? Dans quelles mesures sommes-nous influencés par ce que les médias nous transmettent ? À quel point arrivons-nous à garder notre esprit critique ?

Ces pensées m’ont rappelé un livre que j’avais beaucoup aimé : Seul dans Berlin de Hans Fallada (titre original : Jeder stirbt für sich allein). Ce roman relate des événements qui ont lieu pendant la seconde guerre mondiale. D’un point de vue qui ne nous est pas toujours familier : celui de simples citoyens allemands. Comment un simple ouvrier décide de combattre à sa façon un régime autoritaire puissant et vigilant, au péril de sa vie. Ce livre interroge sur notre capacité à accepter l’inacceptable. Notre capacité à être aveugle à certaines dérives sous couvert d’impuissance.

La traduction du titre est elle-même une interprétation pour les français (l’ajout du contexte « Berlin ») quand Fallada nous parle, dès son titre, d’accorder plus d’importance à ses valeurs qu’à sa propre vie.

Le personnage principal de ce roman incite ses concitoyens à user de leur liberté de penser, seule liberté inaliénable.

La liberté de penser…A-t-on encore le droit de ne pas être d’accord avec la majorité et le faire savoir ? Peut-on encore exprimer des opinions qui divergent de la ligne directrice gouvernementale (dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’écologie...) sans subir de pressions ? Peut-on encore rire de tout (allusion à une caricature de Cabu que j’aime beaucoup) ?

Je me suis également interrogée sur le sens de ce mot, première valeur affichée de notre nation : LIBERTE. Comme je suis de la « vieille école », mon réflexe est de revenir à une définition. Donc je consulte le dictionnaire. Action anodine…

Il est surprenant de constater à quel point les définitions de ce mot sont diverses, au-delà des différents sens qu’il peut prendre. Selon que l’on utilise un dictionnaire papier ou en ligne, un Larousse ou un Robert, une édition récente ou le vieux livre de prix des parents ou grand-parents… c’est fascinant de voir comment la définition d’un mot inscrit dans notre devise nationale peut varier !

Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer quelques définitions pour étayer mon propos.

1 - État de quelqu’un qui n’est pas soumis à un maitre vs situation d’une personne qui n’est pas sous la dépendance de quelqu’un ou qui n’est pas enfermée.

2 - Condition d’un peuple qui se gouverne en pleine souveraineté vs pouvoir d’agir dans une société organisée, selon sa propre détermination, dans la limite de règles.

3 - Droit reconnu par la loi dans certains domaines, état de ce qui n’est pas soumis au pouvoir politique, qui ne fait pas l’objet de pressions vs possibilité, pouvoir d’agir sans contrainte ; autonomie.

4 - Libertés : acte accompli sans respecter les règles usuelles (prendre des libertés avec…) vs ensemble des droits reconnus aux personnes et aux groupes par la loi ( une atteinte aux libertés).

Photo de Suzy Brooks sur Unsplash

Alors quand nous parlons de la liberté ou des libertés, sommes-nous sûrs de nous comprendre ?

Pourquoi ne comprenons-nous pas tous la même chose alors que nous entendons les mêmes phrases ?

Il y a bien sûr plusieurs raisons à cela car il est connu que la communication n’est pas chose aisée et qu’elle dépend de plusieurs facteurs (le vocabulaire utilisé, le contexte, les relations « hiérarchiques » entre les interlocuteurs, …).

J’ai découvert l’an dernier un nouveau concept : la spirale dynamique. Il s’agit d’un modèle créé par Clare Graves, un psychologue américain dans les années 80. Il s’est appuyé sur l’observation des motivations profondes de plusieurs cohortes d’étudiants pour définir des « profils ». Ce modèle est encore en cours d’étude et évolue. Pour faire très court (car le concept est passionnant et prendrait beaucoup de temps à présenter), on peut catégoriser les personnes en 8 tendances, 8 façons de voir le monde, symbolisées par des couleurs : beige, violet, bleu, rouge, orange, jaune vert, turquoise. Chaque catégorie va (ré)agir en fonction de valeurs dominantes différentes. Bien évidemment, les motivations des uns peuvent venir en concurrence avec celles des autres. Et alors même que des personnes semblent avoir un but commun, dans les faits, elles sont en conflit. La liberté par exemple, peut être perçue comme la possibilité d’action dans un cadre réglementaire bien défini pour un profil bleu, alors qu’un profil jaune la verra comme un concept nécessaire à l’innovation et l’évolution. Des perceptions différentes qui provoquent parfois des ruptures de communication dans une équipe professionnelle.

Un outil a été développé sur la base de ce concept. Il s’appelle Circyoular®. Cet outil vise à améliorer la motivation des individus et des équipes grâce à une meilleure compréhension des motivations profondes qui nous caractérisent. En comprenant que les autres membres de l’équipe ont des fonctionnements différents, chacun apprend à revoir sa communication pour une meilleure cohérence dans l’organisation, la répartition des tâches, la collaboration… Ainsi, on n’est plus dans le dilemme qui oppose l’intérêt de chacun à l’intérêt de l’équipe mais bien dans l’idée que pour faire avancer l’équipe plus efficacement, chacun doit y trouver son compte.

Pourrait-on s’inspirer de ces principes pour améliorer la communication entre des personnes qui ont du mal à se comprendre ? Entre des communautés qui s’opposent ? Entre des nations qui s’entre-tuent ?

Alors… ALLONS-NOUS APPRENDRE à VIVRE ENSEMBLE COMME DES FRÈRES ...????

14 septembre 2022

Le potentiel collectif des équipes & de leurs dirigeants au service de la performance

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