

L’un des enjeux des entreprises aujourd’hui est d’allier productivité et prévention des risques psycho-sociaux. En effet, la raison d’être d’une entreprise est de faire du profit en fournissant un produit ou un service. Mais comment mener au mieux cette mission si les personnes qui contribuent à son fonctionnement ne sont pas efficaces ? L’augmentation des arrêts maladie pour des syndromes d’épuisement professionnel ayant explosé ces dernières années, les entreprises se sont vues obligées d’y accorder plus qu’un simple intérêt. Elles sont aujourd’hui tenues de veiller à la bonne santé de leurs employés.
Mais de quoi parle-t-on exactement quand on parle d’épuisement professionnel ?
L’épuisement professionnel, ou burnout est un syndrome, c’est à dire qu’il peut y avoir des symptômes de douleurs physiques et/ou psychiques sans cause identifiée . Il peut être diagnostiqué par un professionnel de la santé suite à un examen clinique.
Le Vidal, dans sa définition d’avril 2021 parle quand à lui d’« un trouble psychique résultant d’un stress chronique dans le cadre du travail qui se développe progressivement chez certaines personnes exposées à des conditions de travail frustrantes et démotivantes ».
Des variantes de ce syndrome existent : les termes brown-out et bore-out sont employés pour désigner un épuisement dû, respectivement, à une perte de sens dans le travail pour le premier, et une charge de travail insuffisante pour le deuxième.
Tous ces syndromes sont difficiles à faire reconnaître car les symptômes ressentis par les salariés doivent être objectivés par un professionnel de la santé qui établira un diagnostic. L’entreprise sera alors tenue de s’assurer que
1/ tout sera mis en œuvre pour assurer un retour du salarié dans les meilleures conditions
2/ un travail de fond sera initié pour prévenir la survenue d’autres cas.
Ça c’est la théorie !
En pratique, rien de tel que d’être vigilant soi-même aux premiers signes de fatigue professionnelle pour ne pas en arriver à l’épuisement. Plus facile à dire qu’à mettre en œuvre me direz-vous !
Quels signes surveiller ?
Les signes de souffrance physique qui peuvent alerter sont nombreux : fatigue durable, insomnies, maux de ventre ou de dos, migraines… tous ces symptômes, lorsqu’ils apparaissent sans cause apparente (on ne parle pas d’avoir du mal à dormir parce qu’il y a du bruit ou mal au ventre parce qu’on a mal digéré un repas bien sûr), doivent conduire à une grande vigilance. Associés à de la frustration et/ou de la démotivation professionnelle, ces premiers signes peuvent conduire à une souffrance psychique : anxiété, irritabilité, difficultés de concentration, vide émotionnel, tendance à s’isoler… sont autant de conséquences négatives qui continuent d’alerter sur le fait que des changements sont nécessaires.

Photo de Adrian Swancar sur Unsplash
Que faire ? Où trouver de l’aide ?
Quelques questions à se poser :
Est-ce que le stress professionnel que vous ressentez, le déséquilibre entre les contraintes du travail et vos ressources vous conduit parfois à du cynisme ?
Avez-vous la sensation de passer trop de temps au travail et que votre vie perso en souffre ? Ou au contraire choisissez-vous de consacrer du temps à votre famille au détriment de votre sentiment de bien faire votre métier ?
Vous sentez-vous fatigué ? Cette fatigue est-elle accompagnée d'une perte de sens de votre métier ?
Ces premières auto-évaluations peuvent conduire à consulter un médecin pour obtenir un avis extérieur.
Il me semble qu’il est important aussi, lorsqu’on observe un comportement inhabituel chez un collègue, de rester vigilant : ce collègue devient-il cynique ? Semble-t-il être de plus en plus détaché vis-à-vis des événements et de l’entourage ? Remarquez-vous ou fait-il allusion à des troubles du comportement alimentaire ? Est-il régulièrement malade ?
Qu’il s’agisse d’auto-diagnostic ou d’un doute concernant un collègue, l’important est de ne pas être dans le déni. Mieux vaut prévenir…
Quelques pistes pour éviter de « glisser sur la mauvaise pente » une fois les premiers signes observés :
- diminuer ou adapter ses horaires pour se reposer et avoir d’autres activités,
- négocier un transfert ou un report de charge de travail, au moins temporairement (de toutes façons, si vous êtes arrêté(e), quelqu’un d’autre devra faire votre travail ou il sera retardé de fait),
- dénoncer tous les comportements irrespectueux,
- se soutenir entre collègues,
- demander une clarification de ses fonctions,
- faire le point sur son équilibre vie pro/ vie perso
-…
Demander l’avis d’une personne extérieure (idéalement même de plusieurs personnes) permet de confirmer des doutes ou des impressions, et surtout, de ne pas rester seul face à cette fatigue. Un ami, un collègue, un parent, le conjoint, un supérieur, un médecin… s’autoriser à en parler reste le meilleur moyen de rester vigilant et d’éveiller la vigilance des autres.
Une fois le stade de l’épuisement atteint, la récupération peut durer plusieurs semaines, plusieurs mois voire plusieurs années avec parfois des conséquences dramatiques !
Un coach ne peut pas intervenir lorsqu’une personne est en burnout, ce soin est de la responsabilité des professionnels de santé. Mais il peut aider à prévenir ce « glissement » par une mise en perspective de la situation d’une personne qui se sentirait débordée ou démotivée ou participer à la bonne réintégration d’un salarié qui souhaite reprendre son activité.
La lecture d’articles traitant du sujet m’a fait réaliser que j’étais peut-être moi-même « sur la mauvaise pente » lorsque j’ai démissionné. Combien de temps aurait-il fallu avant que je m’écroule si j’avais continué ? Je ne le saurai jamais et c’est tant mieux ! Je suis reconnaissante envers toutes les personnes qui m’ont aidée à ce moment critique, collègues, famille, amis et je souhaite sincèrement que toute personne concernée par cette problématique reçoive du soutien le plus tôt possible...il en va de notre responsabilité à tous !
21 octobre 2022